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Allocution par M. Paul Heppelle Soirée d'honneur commémorant le centenaire de l’ACF et du village de Duck Lake

Les 25 février 2012, 300 personnes se sont données rendez-vous à Duck Lake pour célébrer les centenaires du Village de Duck Lake et de la fondation de l'ACF,

Monsieur le Maire, Messieurs Elhard et d’Autremont, Monsieur le Commissaire Fraser, Monseigneur Thévenot, Madame Kenny, Fransaskois et Fransaskoises, mesdames et messieurs, Ladies and Gentlemen.

 

Pas un seul centenaire, mais deux ! Ça doit être assez unique ! Et plus curieux encore, un centenaire représente le foyer même de l’autre. Nous avons donc raison de célébrer aujourd’hui, un regard de tendresse et de reconnaissance sur le passé, un autre regard fermement fixé sur l’avenir.

C’est un honneur pour moi d’être ici ce soir en tant que président de l'Assemblée communautaire fransaskoise. Il est particulièrement bon d’être en la présence de collaborateurs de longue date. Je sais aussi qu’au moins en esprit, mes prédécesseurs qui nous ont quittés sont ici avec moi. Je ressens leur fierté et leur engagement portés par vous ici dans la salle. La raison de notre rassemblement d’aujourd’hui est vraiment dès plus extraordinaires : célébrer et commémorer le 100e anniversaire de la fondation de l’ACFC-ACF. Il y a cent ans, presque jour pour jour, notre leadership francophone s’est rencontré ici à Duck Lake pour jeter les bases de la communauté fransaskoises d’aujourd’hui. Écoutez bien. Écoutez et vous entendrez - venant d’un lointain passé- les voix des Mgr Olivier-Élzéar Mathieu et Ovide Charlebois, des pères Henri Delmas et Louis-Pierre Gravel, de l’abbé Charles Maillard, de l’Honorable Alphonse Turgeon, procureur général de la province, et même de Louis Schmidt qui appelait aux armes pour défendre langue et culture. À cette aspiration visionnaire des grands de l’époque, 450 autres voix venues des 4 coins de la province ont dessiné le mieux qu’ils pouvaient l’avenir d’une communauté. Ce fût la première manifestation d’une volonté de survie, un rêve d’épanouissement, d’un plan dressé pour une communauté fransaskoise de 2012.

Cent ans plus tard, nous voici de retour ici pour confirmer à qui veut l’entendre que non seulement avons-nous survécu ces cent ans, mais nous sommes réunis de nouveau dans ces mêmes lieux, une communauté innovatrice, moderne, vivante, inclusive, partenaire avec la majorité linguistique pour un meilleur avenir pour tous, et, en dépit de certaines tendances lourdes qui travaillent contre nous, garants que - dans notre coin du pays au moins, le Canada est toujours bilingue.

Aujourd’hui aussi, c’est dans l’esprit de fête que nous rejoignons les résidents et résidentes de Duck Lake qui, eux aussi, célèbrent 100 ans de lutte et de réussite. M. le Maire Poirier, chers amis de Duck Lake, nous voulons vous remercier pour l’hospitalité qui dure depuis un siècle. The Town of Duck Lake and its inhabitants were there for us at the very beginning of the political life of the ACFC-ACF and it is welcoming us again, 100 years later. Thank you sincerely for both gestures of hospitality. The Fransaskois community congratulates you on your 100th and wishes you at least 100 years more.  It is also important to recognize the interest and support of the provincial government.  Provincial Secretary Elhard, Speaker D’Autremont, please convey our thanks to your colleagues in government.  Il est évident aussi que beaucoup de notre succès comme communauté doit reconnaître le gouvernement fédéral. Au fil de gouvernements successifs, parfois à contre-courant, nous avons profité de leur appui politique et financier. Et nous savons que nous pouvons toujours compter sur notre allié fidèle, le Commissaire aux langues officielles. Nous en sommes reconnaissants.

Un centenaire est un carrefour, un moment d’examiner le chemin parcouru afin de mieux comprendre le chemin à emprunter pour les prochains cent ans. Notre histoire est des plus intéressantes. L’idée de se regrouper comme locateurs de français est issue des antichambres de l’Université Laval sous la forme de Société du Parler français du Canada. Ces sociétés ont été créées dans le but d’améliorer la qualité de la langue française au Canada.

Ce premier centenaire fransaskois est donc l’occasion de constater l’engagement fait par nos prédécesseurs envers la langue, la culture et l’identité françaises. Et la langue, la culture et l’identité canadienne-française. Ne serait-il pas approprié aujourd’hui, alors, d’assurer notre engagement, un engagement aussi ferme que celui de nos prédécesseurs, envers une langue, une culture et une identité typiquement fransaskoises.

2012 marks 100 years of political, administrative and social formal structure within Saskatchewan’s Fransaskois community. This past century is evidence of the commitment to the French language and culture of the inspired men and women who came before us. It is also the record of 100 years of the trials and tribulations that had to be overcome in order to be here today. It is also very much a testimony to the many notable triumphs and successes of our community. But it should be noted that we have achieved much more over these past four generations than merely building our own house, seeing to our own affairs, working to meet our own needs. No one can deny that we have contributed in all fields of endeavour to the greater good of Saskatchewan society and, moreover, who but the Fransaskois can claim that a bilingual Canada is indeed alive and well and prospering in Saskatchewan.

Un regard sur notre parcours collectif mène inévitablement à revisiter les vies de ceux et de celles qui nous ont précédés. Comment rendre hommage adéquat à toutes ces femmes et à tous ces hommes inspirés, dotés d’une ténacité et d’une vision exemplaires. Bien sûr, il y les 29 présidents et présidentes du passé dont nous voyons les photos affichées autour de nous ce soir. Il faut aussi souligner la contribution de nos 17 directions générales. Il ne faut surtout pas oublier la foule de bénévoles au fil des ans qui ont fait leur part et qui ont fait une différence. Collectivement, tous ces gens représentent ce qu’il a y de mieux en Fransaskoisie depuis 1912. Ce sont eux qui ont rêvé,  lutté ; ce sont eux qui ont essuyé défaites et déceptions ; c’est à eux que revient l’éloge de nos réussites. Ils sont symboles d’engagement, de courage, de vision. Est-ce que vous connaissez leurs noms? Quennelle, Denis, Frémont, Baudoux, de Majorie, Pinsonneault, Lalonde, Cyr, Leblanc, Dubé, Rottiers, Archambault, Magnan, Desgagné, pour ne nommer que quelques-uns.  Je ne peux pas tous les nommer. Mais prenez quelques instants seulement pour vous rappeler les artisans de votre cercle le plus intime, votre organisme, votre paroisse, votre communauté. Ils en sont légion et vous connaissez leur contribution indispensable.

Est-ce que vous connaissez les enjeux pour lesquels ils ont mis tant d’effort et d’énergie? Imaginez qu’en 1912, seulement sept ans après la création de la province, déjà les Canadiens Français avaient fondé des douzaines de communautés et de paroisses à leur image. Imaginez qu’en 1912 on réclamait une éducation primaire en français – rêve qui a évolué en 2012 à la gestion scolaire, la petite enfance, le primaire, le secondaire et, même, la possibilité du postsecondaire fransaskois. Imaginez en 1912 vouloir des médias de masse en français en Saskatchewan ! Pourtant après quelques évolutions Le Patriote nous donna L’Eau vive ; et CFNS et CFRG nous ont donné Radio Canada, une radio et une télévision à caractère provincial. Imaginez qu’en 1912  un mouvement coopératif embryonnaire aurait  mis à notre service pendant plusieurs générations une série de caisses populaires francophones et qui auraient contribué à la création du défunt Wheat Pool qui opère maintenant sous le nom commercial Viterra. Imaginez qu’en 1912 on rêvait d’une vie en français, mais qu’en 2012 on aurait affaire à une Direction des affaires francophones ou que l’on pourrait proclamer une politique provinciale sur les services en français ou le drapeau fransaskois comme emblème de la province. Imaginez qu’en 1912 la volonté de créer de liens et de s’organiser comme communauté aurait donné un siècle plus tard le Réseau fransaskois et sa panoplie de services en développement communautaire, en éducation, en culture, en santé, en droit, en économie, en diversification rurale, en édition, en communication, en immigration, en appui à la famille, aux jeunes, aux femmes et aux aînés.

Et comment avons-nous réussi? Comme l’a si bien dit Monseigneur Baudoux, « Nos plus grands projets auraient été impossibles sans le faisceau puissant de pensée, de volonté et d’action qu’à créer l’ACFC. » Ce n’est pas l’organisme comme tel qui est important ici. C’est la volonté de travailler vers un but commun par l’effort collaboratif, la synergie et l’inclusivité.

Comment réussir le prochain siècle? La communauté fransaskoise est appelée à changer. Elle sera dorénavant plus culturellement diversifiée et plus urbaine. Les locateurs de français langue seconde sont plus nombreux que leurs homologues de langue première. L’ère du bénévolat sans compter est terminée. Les médias traditionnels sont à remplacer par les nouvelles technologies. Les organismes de services auront à se rappeler que plus de la moitie des Francophones ne reconnaissent pas nos structures politiques et sociales et ne connaissent pas nos services. Il faudra rationaliser nos ressources humaines et financières et regarder davantage vers les gouvernements provinciaux et municipaux comme bailleurs de fonds. Il faudra se placer au sein de la population majoritaire et être prêt travailler avec elle sur un nombre croissant de dossiers. Il faut ajuster nos valeurs, nos perceptions, nos façons de faire. Travail facile? Sans doute que non. Mais à l’exemple de ceux et celles qui nous ont précédés : il faut être tenace, flexible, innovateur, visionnaire. Si on peut changer, si on veut changer, dans 100 ans la liste de nos réussites sera longue.

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